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Ça y est ! Le premier chapitre de la chronique familiale a été mis en ligne et vous avez pu suivre les premier pas de Jean GORRY, de sa famille, de l’abbé PELLERIN et du nouvel arrivant. Non, non je ne vous dirai pas qui il est, pour cela il faudra attendre le deuxième chapitre, mais voici les éléments sur lesquels je me suis appuyé.

 

Noirlieu

 

Un petit peu de géographie ne fait jamais de mal, ne grimacez-pas, c'est ainsi.

Donc, Noirlieu est un village de 300 âmes proche de Bressuire (c'en est même une commune associée)  dans le département actuel des Deux-Sèvres et qui, au XVIIIe siècle, faisait partie de la généralité de Poitiers et du diocèse de la Rochelle. Dans la grande majorité des cas, les diocèses actuels ont épousé la forme des départements dans les années 1820 à la suite de la ratification par le Vatican du Concordat de 1801 (pas de blague sur Pie VII, svp!). Certains diocèses de l’Ancien Régime ont aujourd’hui disparu (comme par exemple le diocèse d’Uzès dans le Languedoc). D’ailleurs, c’est en 1656 que l’évêché de Maillezais est transféré à La Rochelle.

Pour bien comprendre, les circonscriptions catholiques s'organisent de la manière pyramidale suivante:

 

Dans l'Ancien Régime, la majorité écrasante du deuxième ordre, le clergé, se retrouvait au niveau des paroisses dans la personne du curé ou du vicaire. Le clergé supérieur était lui monopolisé par les cadets des grandes familles nobles. Souvenez-vous que ce bon vieux Talleyrand (vieille fripouille, va!) était évèque d'Autun avant la Révolution, mais ceci est une autre histoire.

Pour revenir à nos moutons, aujourd'hui Noirlieu fait partie de l' archdiocèse de Poitiers (qui n’est pas dans les Deux-Sèvres, c'est vrai! vous voyez, vous suivez! Et, c’est  normal, cet archidiocèse regroupe le 79 et le 86).

Archives départementales de la Vendée

 

Noirlieu, se situait au sein du doyenné de Bressuire, lui même dépendant du diocèse de la Rochelle qui appartenait à la province ecclésiastique de Bordeaux (oui c’était un peu loin,  même pour les curés, le nom de cette ville devait sonner comme le bout du monde).

 

La famille GORRY

 

L’histoire se cale pour l’instant sur Jean, époux de Marie-Anne des Hayes. Je ne suis sûr que de son père (oui en général c’est l’inverse, vous avez raison) Louis. Nous essaierons de résoudre cette énigme coriace plus tard et dans un futur article.

Le scrabble n’existant pas à cette époque, nos deux tourtereaux ont eu au moins 8 enfants:

  1. Jean, né le 25 mars 1729
  2. Marie-Anne, née le 2 février 1731 (dont je suis issu)
  3. Angélique, née le 20 mars 1733
  4. Sa jumelle, Thérèse
  5. Jeanne-Marguerite, née le 30 juin 1736
  6. Hilaire-Louis, né le 4 Septembre 1738
  7. Pierre, date inconnue
  8. Louis, date inconnue

 

Le prêtre

 

Dessin, fusain sur papier: Jobson Paradis, Un curé, entre 1900 et 1915 Source: Musée national des beaux-arts du Québec Crédit: Collection permanente/78.27

 

Tout généalogiste débutant peut retrouver le nom du pretre de la paroisse étudiée, pour cela, il suffit de regarder la signature commune à tous les actes. Car depuis le fameux Edit de Villers-Cotterêt de 1539, les curés ont obligation de tenir des registres en forme de preuve de baptême. Puis, en 1579 un autre édit étendra la mesure aux mariages et aux enterrements.[1]

Ici, notre prêtre est l’abbé Nicolas PELLERIN. Jean GORRY fait mention de son frère qui est aussi prêtre. Pour cela j’ai initialement recherché la date pour laquelle la signature dudit curé avait disparu des registres. J’ai ainsi pu retrouvé son acte de sépulture du 5 Novembre 1755 « en présence de Jean-Adrien Pellerin curé de Saint-Clémentin, son frère ».

Néanmoins, en 1741, Jean-Adrien n’est pas curé de Saint-Clémentin (une commune à quelques kilomètres de Noirlieu) d’après les actes. Par conscience professionnelle et passionnelle (oui Messieurs, Dames !), j’ai recherché dans les paroisses alentours si le sacré canaillou ne s’était pas retranché dans un petit village avant d’être nommé par son patron d’évêque de La Rochelle dans un gros bourg comme Saint-Clémentin. Nada, niet, rien du tout sur Voultegon, La Chapelle-Gaudin ou encore Noirterre. . Alors deux possibilités :

 

  1. Soit Jean-Adrien tournait encore dans les jupons de sa mère ou rabachait son latin au séminaire ;
  2. Soit il avait bien reçu la sainte ordination mais, commençant une jeune carrière prometteuse, il n’en avait pas moins débuté comme vicaire.

Donc, allez, hop ! Mon choix était fait et je propulsait Jean-Adrien PELLERIN vicaire de Saint-Clémentin pour 1741 (ce qui n’était pas du tout impossible).

 

L’époque

En 1741, on est en plein dans le règne de Louis XV (1715-1774) qui n’est plus adulé mais pas encore tout à fait haït de ses sujets comme il fut dans ses dernières années.

Les ministres se succèdent et font dans la routine : création de charges vénales pour payer des guerres et rembourser des emprunts.

Par contre, la météo, elle, a choisit son camp : les hivers sont rudes, très rudes. Avoir les mains gelées a un sens bien précis que nous ne saurions imaginé nous qui, le soir, mettons à 5 le radiateur lorsqu’Evelyne Déliat nous annonce que « attention, la nuit va être très fraîche, gardez bien vos couettes ».

Non, là attention, niveau isolation, c’est pas le top, surtout lorsque l’on descend à -20°C et que la Seine ou la Loire charrie de gros glaçons dans un bruit terrifiant.

Pourtant, on n'égale pas le terrible hiver de 1709.

Niveau religieux, le royaume est en pleine tourment janséniste et l’Eglise française fait sa crise d’ado gallicane envers Rome qui n’est pas du tout, mais alors pas du tout contente. On penserait revivre certains épisodes du règne de Philippe IV le Bel (si vous ne les avez pas encore lus, courez vous procurer les Rois Maudits de feu Maurice DRUON).

 

 

Voilà, je pense avoir situer au mieux l’intrigue de cette aventure et de l’histoire de certains de mes ancêtres. Vous voyez ! Pas besoin de GPS, de mappy! Non, à l’ancienne (avec le secours d’Internet), on y arrive très bien !

N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Baptiste CESBRON


[1] Revue Française de Généalogie, numéro 213

Niveau social, les ministres se succèdent et font dans la routine : création de charges vénales pour payer des guerres et rembourser des emprunts.

 
Tag(s) : #carnet de bord

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